Jean-Marie Charon présente son rapport au ministère de la Culture et de la CommunicationPhilippe Couve | Médiacademie

Jean-Marie Charon présente son rapport au ministère de la Culture et de la Communication

La ministre de la Communication, Fleur Pellerin, lui avait demandé un rapport qui fasse le point sur "l'inventivité éditoriale et entrepreneuriale des entreprises et de tous les professionnels" du secteur de la presse: le chercheur Jean-Marie Charon ne s'est pas dérobé.

Faire tomber les barrières
Dans son rapport "Presse et numérique: l'invention d'un nouvel écosystème", Charon met en avant la porosité nouvelle d'un secteur longtemps muré dans son silo et le rôle des relations qui se nouent entre acteurs des médias et ceux d'autres secteurs ainsi qu'avec le public lui-même. Le chercheur insiste sur la nécessité de faire tomber encore les barrières pour parvenir à innover. Des barrières qui enfermaient les rédactions dans un huis clos délétère.

Forte inventivité
Au terme d'une longue série d'entretiens, Charon fait aussi le constat d'une forte inventivité des pure players en France mais d'une ambition limitée (notamment par la faiblesse des moyens) à des médias de niche. Petits par la taille, les nouveaux acteurs font preuve d'agilité et se livrent à une "coopétition" (alternance de compétition et coopération). Parallèlement, de petites agences ultra-spécialisées (data, newsgame, etc) se créent pour compenser le déficit d'innovation des "grands" médias.

La pub réservée aux plus gros
Le rapport semble aussi tirer un trait sur des ressources publicitaires qui ne seraient plus accessibles qu'à des acteurs de grande taille capables de peser sur le marché (d'où la phase de concentration accélérée observée ces derniers mois dans la presse). D'où également l'émergence d'acteurs éditoriaux (à défaut d'être journalistiques) qui se situent délibérément hors du cadre juridique de la presse (Webedia, CCM Benchmark, Meltygroup, AuFéminin) et viennent disputer le gâteau publicitaire.

Servir d'abord les supports numériques
Parmi les enjeux du moment pour les médias issus de la presse tarditionnelle, le chercheur pointe le changement de paradigme qui doit permettre de "concevoir différemment la chronologie de production de l’information, afin que la rédaction serve d’abord les supports numériques".

Des "labs" et des incubateurs
En bonne logique, pour combiner l'agilité des start-up et la force de frappe des grands groupes, Charon appelle de ses voeux le développement de "labs" et d'incubateurs dans un esprit qui vise à développer les écosystème axés sur l'innovation. Il prône également la mise en place par l'Etat d'un dispositif "réservé aux créations de jeunes entreprises, sur des critères d’innovation aussi bien éditoriale, que technique".

Autant de suggestions que la ministre de la Culture et de la Communication assure vouloir suivre.

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