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Photo: Karl-Ludwig Poggemann (CC BY 2.0)

Photo: Karl-Ludwig Poggemann (CC BY 2.0)

Depuis l'an 2000, le plus grand magazine allemand a perdu près de 20% de sa diffusion et 70% de ses revenus publicitaires. A l'image d'autres grands titres à travers le monde, Der Spiegel ne va pas bien, détaille un rapport internet que s'est procuré la radio publique allemande SWR2.

Pourtant, ce magazine est un véritable monument dans le monde de la presse internationale. Voici comment Der Spiegel est présenté par Courrier International:

Un grand, très grand magazine d’enquêtes, lancé en 1947, agressivement indépendant, et qui a révélé plusieurs scandales politiques. Depuis sa création, le Spiegel a choisi la ligne du journalisme d’investigation et a déclaré la guerre à la corruption et à l’abus de pouvoir. Il est en général peu tendre avec la droite allemande. Connu pour avoir développé son propre jargon journalistique, il publie aussi quatre hors-séries par an. Le site du Spiegel est le magazine en ligne qui a le plus de succès en Allemagne. Avec sa propre rédaction et même ses propres correspondants, il propose à l’internaute des articles issus de l’hebdomadaire avec des résumés en anglais (accès payant) et de nombreuses rubriques qui lui permettent de rester en permanence en contact avec l’actualité.

En décembre dernier, l'équipe du Spiegel a appris la suppression de 149 emplois, dont 35 reporters et 14 fact checkers (un métier méconnu dans les rédactions françaises). Une équipe qui doute, une inertie visible, il fallait un coup de fouet. La direction a demandé à une équipe interne de se livrer à un examen critique de l'ensemble de l'entreprise. Et le résultat n'est pas tendre.

En résumé, cela donne:

  • nous sommes imbus de notre supposée importance;
  • nous ne sommes pas capables de reconnaître nos faiblesses;
  • nous ne créons pas souvent la surprise;
  • nous essayons trop peu de nouvelles choses;
  • nous ne définissons pas les bonnes priorités.

La critique est d'autant plus sévère qu'elle est interne. Elle rappelle aussi le rapport interne du New York Times, qui mettait le doigt sur la difficulté à innover du plus prestigieux journal du monde.

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