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Les sites d’information sont nombreux à utiliser des questionnaires en ligne qu’ils baptisent improprement “sondages”. Destinées à “animer” leur site, ces questions du jour peuvent être facilement “truquées” comme l’a démontré un internaute qui a voté 64 000 fois sur un “sondage” proposé par France télévisions.

Professionnel de l’internet, cet internaute qui garde l’anonymat a néanmoins utilisé une technique très simple qu’il expose dans un tribune publiée sur le site Al-kanz.org:

« Une demi-heure plus tard, sans recourir à une quelconque technique illégale, le plus simplement du monde, j’avais voté un peu plus de 64 000 fois. Le site de France Télévision n’a subi aucun dommage ni aucune intrusion. Il ne s’agit pas pas d’un piratage. »

Interrogé par Le Monde, l’internaute pointe le risque que font courir ceux qui excellent dans l’art d’influer sur ces pseudo enquêtes d’opinion:

« Mon but n'était surtout pas de cacher ma démarche, mais au contraire de pousser le système de vote jusqu'à son absurdité pour qu'on prenne conscience de sa nature viciée, explique encore le saboteur volontaire. Mon but principal était de montrer que ces sondages ne valent rien. Pour sonder l'opinion, il y a des règles strictes. Il faut prendre un échantillon représentatif, et faire un vrai travail de sondeur. »

Ces techniques qui consistent à faire croire qu’il existe un mouvement de l’opinion là où il n’y en a pas sont bien connues aux Etats-Unis, comme le rappelle Fabrice Epelboin sur le site Reflets. Elles sont connues sous le nom d’Astroturfing (du nom du marque de pelouse synthétique américaine). A ne pas confondre avec la mobilisation des militants:

 « Il convient cependant de ne pas confondre un ‘trucage de sondage’ réalisé en rameutant à l’aide des média sociaux (ou d’une newsletter) des militants et en les appelant à voter ou commenter en masse avec l’usage de technologies permettant d’automatiser ce processus. Ce sont deux choses très distinctes. Si la première méthode est couramment pratiquée en France, [...], il ne s’agit en rien de hacking, ni même, à proprement parler, de trucage, mais de militantisme un poil exacerbé.»

Plaidons pour la disparition de ces pseudo “sondages” qui n’apportent rien en terme d’information et font courir le risque de prendre des vessies pour des lanternes. Les dispositifs participatifs permettent de mettre en place des dispositifs bien plus riches qu’une question complexe à laquelle il faut se contenter de répondre par “oui” ou “non”.

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