Les jeunes et l'info

C’est la grande énigme pour les médias en quête d’un renouvellement des audiences: que veulent les jeunes? Comment s’informent-ils, sur quelle(s) plateforme(s), à quelle fréquence? Les réseaux sociaux et plus particulièrement Facebook ont révélé un nouveau continent à conquérir, celui des « jeunes ». Un défi loin d’être gagné dans un paysage numérique morcelé et ultra concurrentiel.

Deux études récentes nous éclairent sur les pratiques des 18-24 ans. La première est américaine, elle est publiée par la Knight Foundation et concerne la consommation de 52 adolescents et jeunes adultes. La seconde est française et a été menée par le Centre de recherche sur les médiations (Crem).

Commençons par les conclusions de l’étude américaine:

  • Une information consommée « par accident » au détour d’une timeline où se côtoient des contenus très hétéroclites.
  • La recommandation prime sur la recherche active d’information.
  • Le panel étudié est méfiant et accorde peu de crédibilité aux contenus reçus via les canaux numériques et les réseaux sociaux en particulier.
  • Ils sont conscients que les algorithmes et les plateformes trient et hiérarchisent l’information pour eux.
  • Peu importe le média, pourvu qu’il y ait l’ivresse. Le contenu, avant la marque et le support.
  • La télévision est perçue comme un média fiable et objectif. La structure et la hiérarchie proposées complètent la consommation des médias en ligne.

Et en France?

Le Centre de recherche sur les médiations (Crem) publie sur Slate.fr les premières conclusions d’une vaste étude, menée depuis 2014, sur la manière dont les 18-24 s'informent, sur les réseaux sociaux notamment.

  • Confirmation d’une exposition principalement « accidentelle» à l’information, notamment par le biais des interactions avec ses contacts (like, partage, commentaire). Le panel étudié cherche surtout à se divertir.
  • Mais l’étude française nuance les conclusions du rapport américain en soulignant que la recherche volontariste existe également. Il y a une véritable appétence pour l’information.
  • Les réseaux sociaux ne représentent pas l’unique canal d’information, mais reste la principale porte d’entrée.
  • Une fréquentation massive et quotidienne sur mobile.
  • Les 18-24 ans déclarent partager des contenus qui: « étonnent, surprennent, fascinent, font rire ». Mais cette démarche « active » reste rare, contrairement au likes, considérés comme un automatisme.
  • Enfin, contrairement à une idée répandue dans les rédactions, les jeunes ne se contentent pas de lire le titre de l’article, ils sont 85% à déclarer cliquer régulièrement pour découvrir les contenus.

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