Les rédactions européennes éprouvent certaines difficultés, pour ne pas dire une difficulté certaine, à se saisir, et ensuite à faire preuve de pédagogie, autour des enjeux liés à la complexe notion de “neutralité” du net.

Et pourtant, cette garantie de neutralité des tuyaux et de traitement équitable par les fournisseurs d’accès quant à la nature des contenus qui y circulent constitue l’un des piliers de l’architecture du net, de sa pérennité et de son développement.

Pire, en tant que journaliste, se désintéresser de cette question revient même, à l’heure du numérique, à nier purement et simplement le principe de libre expression et d’accès pour tous à l’information, quelle qu’en soit sa nature. Se refuser cette forme de militance, jusqu’auprès des politiques, en faveur de la sauvegarde d’un net “ouvert et neutre”, constitue à l’évidence un renoncement aux principe fondamentaux du métier de journaliste.

 In 2010, Senator Al Franken argued that “Net Neutrality is the First Amendment issue of our time.”

Net Neutralityhuffingtonpost.com

En effet, sans neutralité des tuyaux, “« Si votre fournisseur veut ralentir Netflix, il le peut. S’il veut ralentir vos appels émis sur Skype, il le peut. S’il veut que ses services de vidéo en streaming soient rapides comme l’éclair et gratuits, tout en ralentissant YouTube tout en décomptant ces données-là de votre forfait mensuel, il le peut aussi. » , souligne sur son blog Ryan Singel, un ancien de Wired, cité par Meta-Media.fr

Alors que Netflix s’apprête à débarquer en Europe, et que les fournisseurs d’accès ne se privent déjà pas de lancer des offres “ Facebook et Twitter en illimité” ou de brider le débit de Youtube, la Cour d’appel de Washington vient de casser ces règles garantissant un Internet libre et ouvert, définies en 2010 par la FCC, le régulateur américain des communications, suite à la contestation introduite par Verizon, un des plus gros FAI américain, qui espérait ainsi mettre fin au conflit qui l’opposait …. à Netflix.