L’une des caractéristiques de l’époque, c’est de tout mesurer. Et ensuite de mettre toutes les mesures dans des tableaux Excel. Dans le monde des médias en ligne, on mesure le nombre de visites, le nombre de pages vues, de téléchargements des apps ou des podcasts, le temps passé sur les pages, la part de visites en provenance de tel ou tel site, etc.

Ce qu’on ne mesure pas, en revanche, c’est l’utilité ou au moins l’impact des informations produites et diffusées. Le journalisme se prévaut pourtant d’une mission plus noble que la simple commercialisation de “temps de cerveau disponible” à des publicitaires et des annonceurs. Si le journalisme a un rôle social voire démocratique, cela doit pouvoir se mesurer aussi.

A peine a-t-on posé l’idée qu’on se rend compte des difficultés insondables qu’elle recèle. Que faut-il mesurer ? Si un article a conduit à la démission d’un ministre ? Si une information à fait changer la loi ou un règlement ? Si un reportage a conduit au retrait d’un produit du marché ? Si une enquête journalistique a favorisé une prise de conscience ? Les questions et les difficultés méthodologiques sont innombrables. Est-ce une raison pour renoncer avant d’avoir commencé ? Nous pensons le contraire.

De l’autre côté de l’Atlantique, c’est un champ d’étude qui se développe ces dernières années. Nous vous recommandons l’article (en anglais) de Lindsay Green-Barber sur le site du Nieman Journalism Lab. Aux Etats-Unis, un certain nombre de médias et d’organisations sans but lucratif s’attaquent à la question de la mesure de l’impact. C’est sans doute une planche de salut pour renverser la dictature de la page vue qui fait tant de ravages dans le paysage de l’information en ligne.

Source: 

Comment les journalistes peuvent-ils mesurer l'impact de leur travail : vers un modèle de mesure (en anglais)