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Trois des sujets traités le 14 décembre 2015 par CNN sur SnapchatSnapchat/CNN

Trois des sujets traités le 14 décembre 2015 par CNN sur Snapchat

Google s'apprête a déployer son propre système d'accélération de l'affichage des articles au sein même de ses résultats de recherche. Facebook propulse depuis peu ses "Instant articles" directement dans nos "newsfeed" (fils d'infos). Et les rédactions sont plus que jamais en proie au doute. Doivent-elles mettre de côté leurs propres sites internet et applications mobiles pour concentrer leurs efforts sur les plate-formes qui concentrent l'audience ?

Abandonner son CMS ?

On peut également poser la question en d'autres termes: faut-il encore dépenser des fortunes en hébergement et en maintenance de plate-forme d'édition et de gestion de contenus (CMS) ou bien "faire tapis" et basculer corps et âmes dans les écosystèmes de leurs meilleurs ennemis ?

Le trafic est sur les plate-formes comme Facebook

A défaut d'une réponse définitive, qui n'existe sans doute pas, force est de constater que les usages des consommateurs eux n'attendent pas. Le mobile représente désormais 60 % du trafic en ligne, et la tendance ne fait que s'accélérer, avec sa cohorte d'itération sur le code source-même supportant l'activité journalistique numérique.

Réintermédiation par les géants du web

"La grande réintermédiation du web", comme le souligne Eric Scherer, est en marche et force les éditeurs à participer au grand mercato des talents capables d'alimenter ces pipelines d'audiences morcelées, avec leur "propre syntaxe, formats et pratiques".

Une trentaine de journalistes dédiés au Washington Post

A l'image du Washington Post, passé sous le pavillon d'Amazon, 25 à 30 journalistes, développeurs, ingénieurs et designers travaillent  désormais de concert, en mode startup, pou produire quotidiennement plus d'une vingtaine de modules et de formats différents, pratiquement en temps réel, ou au New York Times où une équipe dédiée s'occupe par exemple uniquement des notifications, toutes plateformes confondues. En France, Le Monde est en train de monter une équipe pour adapter ses contenus à Snapchat, la plate-forme des adolescents et des très jeunes adultes.

Une équipe de 12 personnes au Temps en Suisse

Même son de cloche de ce coté de l'Atlantique, au Guardian, qui affirme "tout tester", notamment en matière d'objets connectés et de réalité virtuelle. Idem au Temps, en Suisse, qui occupe désormais une équipe de 12 personnes "où les développeurs occupent le haut de la hiérarchie" et où l'audience se mesure à présent aussi en temps passé sur le site et à la capacité des équipes à fidéliser leurs clients, plutôt qu'à les faire cliquer à vil tout prix.

Objectif: rajeunir les audiences

Les télévisions ne sont pas non plus en reste, avec pour objectif majeur pour la trentaine de personnes dédiée à ces nouvelles plateformes de rajeunir leurs audiences, quitte à produire des formats exclusifs pour le mobile, voire même absolument bâtards (entendez "filmés à la verticale") afin de nourrir leur storytelling sur Snapchat ou d'une brièveté encore plus radicale que les 140 signes de Twitter, afin de squatter le plus vite possible la nouvelle porte d'entrée de l'info, sorte de Graal absolu à l'heure de rareté du temps d'attention disponible: l'écran verrouillé de nos portables.

Source:

Les équipes plateformes, nouvelles stars des rédactions (Meta-media)