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Philippe Couve accompagne les journalistes, les médias et les marques pour l’élaboration de stratégies éditoriales plurimédia et multi-supports (innovation, formation, conseil, coaching).

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FB-live

En filmant les activistes de #NuitDebout sur la place de la République, Rémy Buisine a été le premier à révéler l’exceptionnelle appétence des internautes pour les retransmissions vidéo en direct. Les 80 000 spectateurs simultanés qu’à réunis ce community manager (et plus de 380 000 en audience cumulée) ont donné le top départ de la course au live pour les médias. Depuis lors, de manifestations contre la loi El Khomri en rassemblements dans les fan zones de l’Euro, on ne compte plus les "live" en vidéo assurées par les sites d’infos.

Les retransmissions en direct ne sont pas le privilège des seuls médias. On a vu les politiques essayer de s’en emparer et certains comme François Hollande y essuyer les plâtres d’une modération défaillante et d’une expérimentation trop brouillonne. On a vu des entreprises, des collectivités territoriales et tout un chacun se livrer à l’exercice (y compris dans des conditions dramatiques).

Il est vrai que la tentation est forte tant Facebook, Twitter (avec Périscope) et maintenant Youtube sont déterminés à mettre en avant et en valeur les contenus live. L’audience veut sans doute de la vidéo en direct, mais les plateformes, et notamment Facebook, font tout pour booster les usages. Facebook rémunère même des personnalités et des médias pour utiliser son dispositif de vidéo en direct et le populariser. Le réseau de Mark Zuckerberg a dépensé 50 millions dollars pour cela.

Dans ce contexte, les producteurs de contenus se mettent à courir aux trousses d’une audience qui a beaucoup moins d’opportunités de découvrir un article bien écrit (format texte) qu’un direct (format vidéo) produit de façon plus ou moins chaotique. Il faut dire que l’audience s’en remet de plus en plus aux réseaux sociaux pour accéder à l’information.

Conséquence: les médias en sont réduits à s’adapter aux contraintes et aux exigences de ces apporteurs d’audience que sont les réseaux sociaux. C’est l’un des effets les plus frappants de la « plateformisation » des médias dont nous parlions il y a quelques semaines. L’explosion de la vidéo en direct ne fait que révéler cette réalité un peu cruelle: les producteurs de contenus en ligne doivent se plier aux exigences changeantes d’une poignée d’entreprises de la Silicon Valley ou se résoudre à perdre de l’audience.

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