TinyfmJulien Le Bot | Médiacademie

Capture d'écran de tinyfm sur Github.

 

Avec une trentaine d’euros en poche et pas mal d’ingéniosité, il est possible de repenser la bande FM locale. C’est à peu près en ces termes que le groupe formé par trois individus qui, en novembre dernier, ne se connaissait pas encore, Alexandre Valette, Thomas Parisot et Basile Simon, a conçu son projet Tinyfm.

Ce projet, présenté dans le cadre du hackathon organisé du 29 au 1er décembre dernier à Doha par Al-Jazeera, a remporté le prix “disruption et impact”.

Que diable ces data-scientists et développeurs (pour la BBC) allaient-ils faire dans cette aventure ? Ils se sont inscrits un peu par hasard, “pour voir”, et ont été sélectionnés par le groupe média qatari (seules une soixantaine de candidats ont été retenus) pour participer à ce marathon éditorial créatif, placé sous le signe du contexte (“Media in context”).

TinyFm est donc un projet né d’une idée : comment porter (et partager) le meilleur des pratiques numériques sur de la FM ultra-locale ? Après une demi-journée de remue-méninges, l’équipe était constituée. Ne restait plus qu’à produire l’outillage : s’appuyer sur des technologies dites d’open hardware (Raspberry Pi) pour fabriquer, à partir de presque rien, un petit émetteur radio (d’où le nom tinyfm) capable d’émettre sur les ondes FM dans un rayon de 200 mètres.

En quoi un tel projet peut-il changer la donne ? Et où est l’innovation (la “disruption”, c’est-à-dire la rupture) ? Pour les concepteurs de ce projet, il s’agissait de faire un pied de nez, précisément, à la thématique du hackathon : le contexte.

En l’occurrence, tinyfm a vocation à devenir un projet ouvert, disponible en open source, permettant à toute communauté locale de fabriquer sa propre radio, sans avoir à demander la moindre autorisation. Le contexte, c’est le fait de pouvoir fabriquer sa radio, ici, maintenant, en partant du lieu et du lien de proximité.

Autre force du projet : dans une seconde étape, tinyfm pourra(it) faciliter le partage de listes de diffusion pour permettre à tout un chacun d’élaborer une antenne faite de contenus originaux et de podcasts partagés. Pour une radio pirate accessible, ouverte et collaborative.

Pour ceux que ça intéresse, les concepteurs de Tinyfm n’ont aucun produit en tête. Au contraire, ce qu’ils veulent, c’est que des professionnels ou des amateurs s’emparent, désormais, de ce travail pour le faire vivre, évoluer, dans le cadre de petites opérations de FM éphémères ou durables sur des territoires bien ciblés.