Dans un article de la Columbia Journalist Review, les deux têtes pensantes du Washington Post détaillent la stratégie qui leur a permis de placer leur titre dans le cercle très fermé des journaux les plus performants en ligne.

Shailesh Prakash, responsable de l’information et Joey Marburger, journaliste en charge des produits, ont mené une transformation à marche forcée de la rédaction.

Il ne leur aura fallu que trois années pour multiplier le trafic par deux et publier quotidiennement plus d’articles que le New York Times, dont la rédaction compte le double de journalistes. Ils se sont même offert le luxe de débarquer sur le marché des CMS (Content Management System) pour vendre l’outil de publication maison aux autres médias. Revenus escomptés : 100 millions de dollars.

Pour réussir ce tour de force, ils ont logiquement puisé dans le savoir-faire d’Amazon. Après avoir racheté le Washington Post, Jeff Bezos a donné des directives claires pour gérer la rédaction:

  • L’obsession du trafic et de l’engagement;
  • La multiplication des déclinaisons autour d’une même information;
  • La conquête d’une audience internationale;
  • La priorité absolue donnée à la diminution du temps de chargement des pages pour créer une hausse du trafic, une augmentation du nombre de contenus consultés par session et donc une croissance des contacts avec la publicité;
  • La traque des cadences de publications et des rappels automatiques adressés aux journalistes retardataires;
  • L’expérimentation obligatoire, pour tout le monde : le débat est possible dans la rédaction, mais une fois la décision prise, plus de place pour le compromis.

« Il y a la culture et il y a les outils qui permettent à la culture de s’épanouir ».

Bref, pour Jeff Bezos, un contenu journalistique est un contenu comme un autre, dont on mesure la valeur à l’efficacité de la chaîne de production et de diffusion.

[Mise à jour le 29/12] Le Washington Post annonce l'embauche d'une soixantaine de journalistes en 2017.

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