Donald Trump n’en démord pas: « nous avons une guerre en cours contre les médias ». Mais comme le remarque Ezra Klein, l’un des fondateurs du groupe de médias en ligne Vox: « une fois encore, ce que dit Trump n’est pas tout à fait vrai. Sa guerre n’est pas contre les médias. (…) Sa guerre est contre les faits. »

Derrière la volonté affichée de contester des médias qui ont majoritairement fait campagne contre lui, le nouveau président américain poursuit une stratégie de délégitimation des corps intermédiaires. A terme, il s’agit pour lui d’imposer sa propre réalité sans contestation véritable ou au moins sans contestation audible.

L’exemple américain n’a pas encore eu le temps de livrer toutes ses conséquences, mais il doit nous sensibiliser à l’approche de rendez-vous électoraux importants (en France en 2017, en Belgique en 2018) au risque d’une démonétisation des médias à travers la démultiplication de "fake news", c'est à dire d'infos totalement bidonnnées .

S’il n’est pas question d’en revenir au rôle révolu de filtre (gate keeper) des infos distribuées aux citoyens, il convient de trouver les moyens de faire émerger les véritables informations de la soupe composite qui circule à chaque minute sur les réseaux sociaux et le web.

Dans l’économie, la loi de Gresham nous assure que  « la mauvaise monnaie chasse la bonne ». En matière d’information, nous devons travailler à ce que la mauvaise info ne chasse pas la bonne. C’est l’un des grands enjeux de l’année qui commence.